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200 M$ pour plus d’offre ? Ce dont le secteur canadien de l’écran a vraiment besoin, c’est de la demande.

  • Photo du rédacteur: Moyra Rodger
    Moyra Rodger
  • 10 juil. 2024
  • 2 min de lecture

La récente annonce de la ministre du Patrimoine, Pascale St-Onge, concernant la nouvelle contribution de 200 M$ des plateformes étrangères au secteur canadien de l’écran, marque une étape importante pour notre industrie.


Toutefois, alors que nous soulignons cette avancée, reconnaissons que financer davantage de contenu et le classer pour « en faciliter la découvrabilité » ne suffit pas à moderniser réellement le secteur de la production ni à en assurer la viabilité à long terme. Pas dans un contexte où l’attention de l’auditoire continue de se fragmenter entre les plateformes et où l’offre de contenu est pratiquement infinie.


Pour réellement prospérer, nous devons investir dans la création et la mesure des auditoires au-delà des systèmes et indicateurs traditionnels. Cela signifie adopter de nouvelles technologies — y compris l’IA —, des plateformes alternatives, de nouveaux modèles d’affaires et des méthodes qui nous permettent de mieux comprendre et mobiliser nos auditoires. C’est un travail complexe. Cela demande du temps, de la recherche et de l’imagination. Surtout, cela exige un engagement réel et des ressources.


Je suis biaisé(e). Depuis 14 ans, j’investis argent, passion, sang, sueur et larmes dans une entreprise dédiée au développement d’outils et de formations en développement d’auditoire. Quelques leaders courageux de l’industrie ont soutenu cette vision, mais maintenir l’élan et dégager des ressources significatives s’est avéré difficile, alors que des enjeux cruciaux comme l’EDI, la durabilité, le projet de loi C-11 et la pandémie ont, à juste titre, été priorisés.

Allouer une partie de ces nouveaux fonds à des stratégies innovantes de développement d’auditoire, à la formation, aux outils et à des budgets marketing substantiels aidera nos producteurs et nos plateformes à demeurer pertinents, et nos entreprises à rester viables. Une initiative nationale concertée visant à doter l’industrie de l’expertise et des ressources nécessaires pour bâtir des auditoires larges et engagés autour de contenus originaux offrirait un avantage considérable et permettrait au Canada de se positionner comme leader dans le paysage médiatique mondial.


Il est inutile de continuer à se concentrer uniquement sur l’offre de contenu. Un contenu qui n’est pas vu est, en pratique, un contenu qui n’existe pas. Nous devons réorienter nos efforts vers la création de la demande. Au bout du compte, nous sommes tous au service de l’auditoire.


Pour en savoir plus sur les 200 M$ de revenus anticipés provenant des contributions des plateformes étrangères :https://www.cbc.ca/news/business/canada-online-streaming-services-1.7223840

 
 
 

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